La chloroquine: un espoir?

La chloroquine pourrait être efficace contre le SARS-CoV-2

Le 19 Février 2020 une étude clinique préliminaire chinoise montrait que la chloroquine, un médicament anti-malaria, pourrait être efficace dans le traitement de l'infection de Covid-19 (Gao et al. Bioscience Trends 2020). Cette étude se basait sur des observations montrant l'effet antiviral de la chloroquine in vitro sur des cellules humaines (Wang et al. Cell Res. 2020). Selon ces travaux, il semblerait que le mécanisme antiviral de la chloroquine résultarait de sa capacité à augmenter le pH à l'intérieur des endosomes, inhibant ainsi le processus de fusion membranaire indispensable pour permettre l'entrée du virus dans la cellule. Voir ce mécanisme ICI

L'usage de l'hydroxychloroquine (plus efficace et produisant moins d'effets secondaires) dans l'infection de Covid-19 est recommandée par les autorités de santé chinoises, coréennes et italiennes. Les premiers résultats montrent que cette molécule améliore l'atteinte pulmonaire (imagerie), diminue considérablement la charge virale et raccourcit la durée de la maladie. 

Etudes réalisées dans le service du professeur Raoult 

Je reproduis ici in extenso l'article de Nicolas Chabert publié ce jour dans le Journal International de Médecine

Chloroquine : un signal d’espoir ?
Dans une conférence qui s’est tenue lundi 16 mars à Marseille, le Pr Raoult a donné quelques précisions sur le premier essai qu’il a entrepris avec l’hydroxychloroquine chez quelques sujets infectés par le SARS-CoV-2. Nous ne disposons pour l’instant pour analyser ce travail que de la
vidéo prise à l’occasion de cette présentation et de quelques éléments d’un power-point, ce qui implique que nous aurons à y revenir plus en
détail lorsque ces données seront publiées en ligne.
En résumé, il s’agit d’un essai comparatif ouvert (ayant inclus 24 ou 25 patients) destiné à évaluer l’évolution de la charge virale mesurée par RT-PCR de sujets infectés par le SARS-CoV 2 soumis à différents traitements. L’essai n’était pas randomisé mais comparait des patients recrutés dans plusieurs villes du sud de la France pris en charge différemment. Le traitement testé contre une prise en charge habituelle, comportait soit de l’hydroxychloroquine seule, soit cet antipaludéen associé à de l’azythromycine.
Les résultats très préliminaires (et manquant encore de précision) montrent que dans le bras traitement standard la recherche du virus restait positive au 6eme jour dans 9 cas sur 10 contre 1 cas sur 4 avec l’hydroxychloroquine seule et une proportion encore moindre avec l’association avec l’azythromycine.
Comme l’a commenté le Pr Delfraissy ce matin sur RTL, il s’agit donc ici d’un « signal positif » justifiant la mise en route d’un nouvel essai clinique répondant aux critères scientifiques habituels (randomisation, plus grand nombre de sujets inclus, précision a priori des critères de jugement…etc). Un tel essai devrait débuter en fin de semaine.

D’ores et déjà le laboratoire Sanofi, qui produit l’hydroxychloroquine sous le nom commercial de Plaquenil, a indiqué hier soir qu’il pourrait mettre à la disposition des chercheurs d’importants stocks de produits. Selon le journal Libération, un protocole de traitement par chloroquine serait actuellement utilisé pour les malades positifs dans un service de l’hôpital de la Pitiè-Salpétriere ainsi que dans d'autre centres en France.

Il nous faut bien sûr attendre la publication en ligne de ce travail dans quelques heures ou jours pour se faire un jugement éclairé. Mais compte tenu de l’efficacité virologique apparente de l’hydroxychloroquine, cette piste thérapeutique mérite à l’évidence d’être explorée en urgence.

*A côté de ces résultats encore très incomplets, le Pr Raoult a insisté sur quelques données importantes issues de l’expérience du centre marseillais :
- Le portage viral est de 20 jours en moyenne chez les malades ;
- Contrairement à ce que l’on observe avec la grippe, selon ses résultats, les jeunes enfants sont très rarement excréteurs de virus et l’on observe peu de porteurs avant l’âge de 15 ans ce qui pourrait expliquer le faible nombre d’enfants malades dans les grandes séries publiées. Et avoir des conséquences sur les mesures de prévention à adopter.
Dr Nicolas Chabert

RÉFÉRENCE
Raoult D : Coronavirus : diagnostiquons et traitons ! Premiers résultats pour la chloroquine. Conférence à
l’assemblée générale Assistance Publique Hôpitaux de Marseille (AP-HM), le 16 mars 2020
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Date de dernière mise à jour : 22/03/2020