FAKE NEWS

Comme toujours en temps de crise, il y a un engouement pour les théories les plus farfelues et souvent ridicules qui circulent sur le net et les réseaux sociaux. Ces FAKE NEWS sont le plus souvent relayées par les sites antivaccin.

Vaccin anti-COVID-19: Fake news et impostures

Depuis plusieurs semaines diverses vidéos circulent sur le net s'attaquant aux vaccins anti-COVID en n'hésitant pas à utiliser mensonges et impostures, le plus souvent dictés par l'obscurantisme et la plus profonde ignorance.

Voici quelques réponses aux arguments développés par ces sites antivaccin.

 

  • Les vaccins à ARN ont été mis au point tout récemment pour combattre la pandémie de COVID-19. FAUX.

Ces vaccins à ARN sont développés depuis plus de trente ans et ont montré leur efficacité sur de nombreux agents pathogènes et dans de nombreux modèles animaux comme le montrent les quelques publications référencées ici: Wolff et al. Direct gene transfer into mouse muscle in vivo. Science. 1990; Pardi et al. mRNA vaccines - a new era in vaccinology. Nature Rev Drug Discov. 2018; Fiedler et al. mRNA Cancer Vaccines. Recent Results Cancer Res. 2016; Zhang et al. Advances in mRNA Vaccines for Infectious Diseases. Frontiers Immunol. 2019. Il est vrai que les applications de ces vaccins à ARN avaient jusqu'ici été réservées aux études animales. Les deux vaccins Pfizer/BioNTech et Moderna sont les premiers à être appliqués à l'homme. Mais cette stratégie est basée sur trente années d'études précliniques animales au cours desquelles ces vaccins ont montré leur efficacité et leur innocuité.

  • Les vaccins à ARN contre le SARS-CoV-2 peuvent transmettre la maladie. FAUX.

Ces ARN codent pour la protéine S (Spike) du virus qui reconnaît le récepteur sur les cellules humaines et permet l'entrée du virus (voir sur ce site: ICI). La présence de cette protéine dans les cellules du sang déclenche la réponse immunitaire (voir sur ce site ICI). Cette protéine S ne représente qu'une infime partie du virus. Elle est totalement incapable de transmettre la maladie. Par contre elle est la cible des anticorps produits en réponse au vaccin et cette reconnaissance entraîne la destruction du virus par les cellules du système immunitaire. En fait, ces vaccins à ARN représentent un moyen beaucoup plus sûr que les vaccins développés par le passé. En effet ces vaccins "classiques" étaient le plus souvent constitués par le virus que l'on souhaitait détruire, inactivé ou atténué par divers types de traitements.

  • Les vaccins à ARN vont modifier le génome humain. FAUX.

L'ARN n'est pas l'ADN dont sont constitués nos gènes. L'ARN reste dans le cytoplasme des cellules. Il n'entre pas dans le noyau cellulaire, siège de l'ADN (chromosomes). Il est produit à partir de l'ADN et est traduit en protéine par la machinerie cellulaire. En fait, l'ARN est extrêmement fragile (contrairement à l'ADN). Il est très rapidement détruit par les ribonucléases omniprésentes dans les cellules, le sang et les tissus. L'ARN présent dans les vaccins ne peut pas sortir des cellules et entrer dans d'autres cellules une fois qu'il a été traduit. Voir le point suivant (ci-dessous).

  • L'activité transcriptase inverse des cellules humaines produit de l'ADN à partir de l'ARN des vaccins. FAUX.

La transcriptase inverse est en effet une enzyme qui transforme l'ARN en ADN. Cette enzyme est présente chez de nombreux virus (appelés "rétrovirus") comme par exemple le VIH (le virus du SIDA). Les recherches menées depuis plus de trente ans montrent qu'il y a très peu, voire aucune activité permissive de transcriptase inverse dans les cellules humaines y compris ovule et spermatozoïde. Bien qu'une enzyme comme la télomérase catalyse cette activité très spécifique (responsable de l'allongement des télomères), elle ne peut pas transformer n'importe quel ARN en ADN, et certainement pas l'ARN présent dans le vaccin et qui code pour la protéine S du SARS-CoV-2.

 

  • Les vaccins à ARN contiennent de l'aluminium. FAUX.

Du fait de la grande fragilité de l'ARN, l'ARN présent dans les vaccins est encapsulé dans des nanoparticules constituées de lipides. Ces particules protègent l'ARN des nucléases présentes dans le sang et les tissus, avant son entrée dans les cellules. Ces vaccins ne contiennent pas d'aluminium: voir le document remis par le Groupe Pfizer à la FDA, Vaccin pfeizer fda vrbpac 12 10 20 meeting briefing document sponsorVaccin pfeizer fda vrbpac 12 10 20 meeting briefing document sponsor (1.65 Mo).

  • L'aluminium contenu dans les vaccins classiques représente un grand danger. FAUX.

L’aluminium des adjuvants vaccinaux est utilisé sous forme de deux sels : l’hydroxyde d’aluminium et l’hydroxyphosphate d’aluminium. Ces sels sont considérés comme très efficaces et bien tolérés au regard des milliards d’injections pratiquées depuis plus de 80 ans dans le monde. Au site de l'injection du vaccin, les sels d'aluminium provoquent un effet de dépot qui permet un relargage progressif de l’antigène vaccinal permettant une augmentation d'efficacité dans le recrutement des cellules immunitaires. Outre les vaccins, l'aluminium est omniprésent dans l'alimentation. Celle-ci apporte chaque jour environ 7 à 9 milligrammes d'aluminium présent dans les aliments, fruits, légumes, viandes, eau de boisson, etc. On peut donc considérer qu'une personne qui se nourrit normalement absorbe chaque année entre 2550 (7x365) et 3285 milligrammes (9x365) d'aluminium. En comparaison, une dose annuelle de vaccin classique (et pas les vaccins à ARN) apporte moins de 2 milligrammes d'aluminium et, notamment, les vaccins pédiatriques contiennent moins d'un milligramme par dose. On voit donc que la quantité d'aluminium apportée par les vaccins est négligeable par rapport à celle liée à la nourriture de tous les jours. Télécharger ici: le rapport de l'Académie de Médecine, Commission VII (maladies infectieuses et médecine tropicale): Adjuvants vaccinaux rapport anm1Adjuvants vaccinaux rapport anm1 (187.91 Ko), intitulé: Les adjuvants vaccinaux: quelle actualité en 2012 ?

 

  • Le développement des vaccins anti-COVID a été bâclé. FAUX.

Il est vrai que ces vaccins ont été mis au point en un temps record, mais cela pour deux raisons. D'abord beaucoup de fonds y ont été consacrés et ensuite beaucoup d'équipes de recherche s'y sont attelées: un effort sans précédent dans ces deux domaines. Mais aucune phase de développement n'a été ignorée ou négligée. Ils ont tous satisfait (ou satisferont pour ceux encore en cours de développement) aux procédures classiques de contrôle et développement de la thérapie vaccinale: phase 1, phase 2, et phase 3, cette dernière ayant portée sur des cohortes de 30 000 et 40 000 participants pour les vaccins Pfizer et Moderna (voir les publications ICI). Les agences de régulation des produits de santé telles que la FDA (aux Etats Unis) et l'EMA (en Europe) ont été là pour les contrôles. Et ces agences sont indépendantes des firmes pharmaceutiques et des gouvernements. La FDA l'a prouvé en ne suivant pas les directives de Donald Trump, réclamant une approbation anticipée du vaccin. 

  • Le nouveau variant découvert au Royaume-Unis rendra les vaccins inefficaces. FAUX, mais à surveiller.

Comme dans tous les virus, des mutations apparaissent naturellement au fur et à mesure que le SRAS-CoV-2 (responsable de la COVID-19) se réplique. A l'inverse, le génome humain reste relativement stable au cours du temps. La raison est que chez l'homme (et les animaux) un arsenal de protéines (enzymes) examine en continu le génome et corrige les erreurs qui pourraient se produire lorsque l'ADN se réplique, une opération qui se produit des milliards de fois chaque jour (!!!). En revanche, les virus ne possèdent pas ces enzymes correctrices. D'où l'accumulation des erreurs (mutations) dans leur génome. Pour le SARS-CoV-2, plusieurs milliers de mutations (dont 4000 rien que sur la protéine S) ont déjà été repérées depuis sa découverte, mais seulement une très petite proportion d'entre elles est susceptible de modifier la séquence en acides aminés de la protéine et donc de changer de manière appréciable les propriétés du virus (Wise. Covid-19: New coronavirus variant is identified in UK. British Medical Journal 2020). Le nouveau variant baptisé B.1.1.7 comporte 17 mutations réparties sur l'ensemble du génome. Trois mutations affectent le gène viral codant pour la protéine S (Spike), les mutation N501Y et P681H et une délétion 67-70 (perte de deux acides aminés) (Kupferschimdt. Fast-spreading U.K. virus variant raises alarms. Science 2021). Rappelons que la protéine S assure la liaison du virus au récepteur ACE2 sur les cellules humaines (voir sur ce site ici). La mutation N501Y, signifie que l'acide aminé Asparagine (N) en position 501 de la protéine S (qui compte au total 1273 acides aminés) a été remplacé par l'acide aminé Tyrosine (Y); la mutation P681H signifie le remplacement de l'acide aminé Proline (P) en position 681 par l'acide aminé Histidine (H). Ces mutations sont préoccupantes pour deux raisons.

Premièrement, la protéine S joue un rôle majeur dans l'entrée du virus dans les cellules humaines. Toute mutation dans le domaine de liaison au récepteur (et ce domaine est affecté par les mutations) peut, en théorie, rendre le virus plus infectieux. C'est un point déjà discuté sur ce site (page "Pas de manipulation"). Pour le moment, il semble que ce soit le cas pour ce nouveau variant. Cependant, "plus infectieux" ne signifie pas nécessairement "plus dangereux".

Deuxièmement, les vaccins utilisés en ce moment (Pfizer/BioNTech, Moderna et AstraZenaca), ciblent précisément la protéine S du virus. On peut donc se poser la question de savoir si les mutations découvertes pourraient rendre les anticorps générés par les vaccins moins efficaces. La réponse, pour le moment, est non, et voici pourquoi. La protéine S comporte 1273 acides aminés. Les anticorps générés par le vaccin ciblent sur cette protéine un grand nombre de motifs (appelés épitopes) que le système immunitaire perçoit comme étranger à l'organisme. Les modifications portant sur 4 acides aminés (sur les 1273 au total) ne peuvent raisonnablement pas changer l'efficacité du vaccin. Cependant, si de nouvelles mutations devaient se produire dans l'avenir, il faudrait envisager d'adapter les vaccins à ces nouvelles séquences comme c'est le cas à l'heure actuelle des vaccins contre la grippe saisonnière dont les virus (virus A, A(H1N1)pdm09 et A(H3N2), virus B, B-Yamagata et B-Victoria) présentent un taux annuel de mutations très supérieur à celui du SARS-CoV-2. Affaire à suivre donc sur ce point.

  • Des effet secondaires peuvent se produire après vaccination. VRAI.

Mais alors, il faut faire le tri entre vrais et faux effets secondaires. A cet égard, l'affaire (strictement Franco-Française, non observée ailleurs) des cas de sclérose en plaque attribués à la vaccination contre l'hépatite B est exemplaire. Aucune étude réalisée dans des conditions rigoureuses n'a pu mettre en évidence une quelconque causalité entre cette vaccination et la survenue de sclérose en plaque (voir: Mouchet et Bégaud. Hepatitis B vaccination and central demyelination – History, description and observed/expected analyses of 624 cases reported to the French pharmacovigilance over a 20-year period. Vaccine 2019).

Pour ce qui concerne le vaccin Pfizer, et selon le CDC (Centre for Disease Control; télécharger le rapport du 6 Janvier ici: Cdc anaphylacsis after pfizer vaccine in usa january 6 2021 copieCdc anaphylacsis after pfizer vaccine in usa january 6 2021 copie (240.74 Ko)) entre le 11 Décembre 2020, date à laquelle le premier vaccin anti-COVID a été autorisé aux Etats-Unis, et le 23 Décembre 2020, 1 893 860 personnes ont été vaccinées. Vingt et un cas d'anaphylaxie ont été signalés (soit un taux de 11,1 par million de doses administrées, ou 1 cas pour 100 000), dont 17 chez des personnes ayant présenté des antécédents documentés d'allergies ou de réactions allergiques, dont sept avaient des antécédents d'anaphylaxie. Aucun cas mortel n'a été observé. L'intervalle médian entre la réception du vaccin et l'apparition des symptômes était de 13 minutes (intervalle = 2-150 minutes). Parmi les 20 personnes pour lesquelles des informations de suivi étaient disponibles, toutes s'étaient rétablies ou avaient été renvoyées chez elles. Toute réaction suspecte d'anaphylaxie doit être traitée immédiatement par une injection intramusculaire d'épinéphrine (adrénaline). Dans l'immense majorité des cas les effets secondaires sont modestes et transitoires (douleurs au site de l'injection, fièvre, myalgie, maux de tête, etc.). En tout état de cause, il est important de relativiser ces effets par rapport au bénéfice apporté par la vaccination (Rappel: au 6 janvier 2021, près de 2 millions de personnes sont décédées de la COVID-19). Cela s'appelle le rapport bénéfice/risque. C'est cela qu'il faut considérer et non les seuls cas d'effets secondaires. C'est la même chose lorsqu'on prend un avion, un train, ou sa voiture. On sait que des accidents peuvent se produire mais le nombre de passagers tués ou handicapés est tellement plus faible que le nombre des passagers qui arrivent à bon port que ces modes de transport restent très largement utilisés. Si on leur appliquait les mêmes exigences que celles clamées par les antivaccins au sujet de la vaccination, l'avion, le train, la voiture seraient bannis et il vous serait recommandé de vous déplacer à pied. Vous trouvez ça absurde ? Moi aussi.

 

Variole, rougeole, coqueluche, oreillons, poliomyélite, tuberculose, tétanos, la liste est longue et incomplète. Peut-on réellement penser que toutes ces maladies infectieuses aient disparues de nos pays occidentaux pour d'autres raisons que la vaccination ?

Pour ne pas se laisser berner par les fake news et autres impostures véhiculées par le net, il suffit de consulter les sites des organismes publics de recherche : Inserm, Institut Pasteur, CNRS, CEA, Inra, HAS (Haute Autorité de Santé), Académie de Médecine, Académie des Sciences, Agence Nationale de Sécurité des Médicaments et des Produits de Santé (ANSM), Agence de la Biomédecine, Ligue contre le Cancer, etc. Vous y trouverez des informations objectives et non manipulées.




Autres Fake news

 

Non, le SARS-CoV-2 n’a pas été fabriqué par les labos (voir sur ce site ICI).

Non le vaccin anti-SARS-CoV-2 n’a pas été fabriqué par Bill Gates pour contrôler les personnes le recevant.

Non, le port du masque ne produit pas un stress qui diminue le système immunitaire.

Non, les antennes de téléphonie mobile 5G ne sont pas responsables de l’épidémie due au SARS-CoV-2. Rappelons que la France n'est pas encore équipée partout en 5G, et ne devrait l'être qu'à partir de l'été 2020.

Non, les moustiquent ne transmettent pas le SARS-CoV-2 (voir sur ce site ICI).

Etc., etc., etc., ...

 

SUGGESTION

Peut-être qu'un cours accéléré sur la détection des impostures devrait être obligatoire dans les programmes scolaires.

Voici quelques sites qui alertent sur ces FAKE NEWS (liste non exhaustive).

nhttps://www.doctissimo.fr/sante/epidemie/coronavirus-chinois/coronavirus-fausses-infos#

 

https://www.heidi.news/sciences/la-chasse-aux-fake-news-sur-le-coronavirus-s-organise

 

https://la-rem.eu/2020/07/covid-19-l-infodemie-et-ses-nombreux-responsables/

 

https://www.inside.news/covid-19-fake-news-des-sanctions-seront-prises-contre-les-instigateurs/

 

https://www.laprovence.com/article/societe/6004351/top-10-fake-news.html

 

https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/coronavirus-8-fake-news-qui-circulent-sur-l-epidemie-7800333465

 

https://www.midilibre.fr/2020/04/05/coronavirus-les-sept-fake-news-qui-inondent-les-reseaux-sociaux-sur-les-origines-de-lepidemie,8834215.php

 

https://photo.neonmag.fr/coronavirus-8-fake-news-qui-proliferent-sur-les-reseaux-sociaux-41176#coronavirus-8-fake-news-a-ne-pas-relayer-a080g

 

 

 

 

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Commentaires (1)

Chateau
  • 1. Chateau | 03/01/2021
Merci pour cet article ! Très compréhensible !

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Date de dernière mise à jour : 15/01/2021