Vaccins à ARNm et mortalité

Vaccins à ARNm anti-COVID et mortalité toutes causes confondues

Bien que plusieurs études aient évalué l'impact de la vaccination contre la COVID-19 sur la mortalité à court terme, aucune n'a comparé la mortalité à long terme selon le statut vaccinal, en particulier chez les jeunes, moins susceptibles de développer une forme grave de la maladie après une infection par le SARS-CoV-2.

Le but principal était donc de comparer la mortalité toutes causes confondues sur 4 ans chez les personnes âgées de 18 à 59 ans vaccinées avec les vaccins à ARNm (Pfizer et/ou Moderna) contre la COVID-19 par rapport aux personnes non vaccinées. L'étude a été publiée dans l'article ci-dessous.


Vaccination contre la COVID-19 par ARNm et mortalité toutes causes confondues à 4 ans chez les adultes de 18 à 59 ans en France

(Titre original : COVID-19 mRNA Vaccination and 4-Year All-Cause Mortality Among Adults Aged 18 to 59 Years in France)

Laura Semenzato, PhD, MSc; Stéphane Le Vu, PhD; Jérémie Botton, PhD, PharmD, MPH; Marion Bertrand, MSc; Marie-Joelle Jabagi, PhD, PharmD, MPH; Jérôme Drouin, MSc; François Cuenot, PhD; Valérie Olié, PhD; Rosemary Dray-Spira, PhD, MD; AlainWeill, MD; Mahmoud Zureik, PhD,MD. Journal of American Medical Association Network Open 2025

But de cette étude

Cette étude a été menée dans le but de savoir si les vaccins à ARNm contre la COVID-19 (Pfizer ou Moderna) avaient un impact sur la survie à long terme des adultes âgés de 18 à 59 ans. La quasi-totalité de la population adulte française de cette tranche d'âge a été suivie pendant une période allant jusqu'à 4 ans, en comparant les personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin à ARNm contre la COVID-19 à celles qui n'avaient pas été vaccinées.

Résultats

Au total, près de 28 millions de personnes (22 767 546 personnes vaccinées et 5 932 443 personnes non vaccinées) ont été suivies pendant une durée médiane de 45 mois. Les personnes vaccinées avaient sensiblement le même âge (38,0 ans) que les personnes non vaccinées (37,1 ans), étaient plus souvent des femmes 11 688 603 (51,3 % des vaccinées) contre 2 876 039 (48,5 % des non vaccinées) et présentaient davantage de comorbidités cardio métaboliques 2 126 250 (9,3 % des vaccinées) contre 464 596 (7,8 % des non vaccinées). Au cours du suivi, 98 429 décès (0,4 %) et 32 662 décès (0,6 %) toutes causes confondues sont survenus dans les groupes vaccinés et non vaccinés, respectivement. Les personnes vaccinées présentaient un risque de décès par COVID-19 sévère inférieur de 74 %, et un risque de mortalité toutes causes confondues inférieur de 25 % par rapport aux personnes non vaccinées. Ce taux de mortalité plus faible n'était pas uniquement dû à une diminution des décès liés à la COVID-19 ; il persistait même après exclusion de ces derniers. L'analyse de sensibilité a révélé que les personnes vaccinées présentaient systématiquement un risque de décès plus faible, quelle qu'en soit la cause. La mortalité était inférieure de 29 % dans les 6 mois suivant la vaccination contre la COVID-19. Aucun signe d'augmentation des décès par maladie cardiaque, cancer, accident ou toute autre cause liée à la vaccination n'a été observé.

Conclusion

Cette étude confirme l'impact de la vaccination sur la survie des personnes atteintes par la COVID-19, mais surtout elle exclut toute augmentation importante ou modérée du risque de décès lié à la vaccination avec des ARNm chez les adultes de 18 à 59 ans.


Informations sur l'article

Accepté pour publication : 10 octobre 2025.

Publié le : 4 décembre 2025. doi : 10.1001/jamanetworkopen.2025.46822

Accès libre : Cet article est publié en accès libre sous les termes de la licence CC-BY.

© 2025 Semenzato L et al. Journal of American Medical Association (JAMA Network Open).

Auteur correspondant : Mahmoud Zureik, PhD, MD, EPI-PHARE, 143/147 Boulevard Anatole France, 93285 Saint-Denis Cedex, France (mahmoud.zureik@ansm.sante.fr).

Affiliations des auteurs : Groupe d’intérêt scientifique EPI-PHARE en épidémiologie des produits de santé de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et de l’Assurance maladie française, Saint-
Denis, France (Semenzato, Le Vu, Botton, Bertrand, Jabagi, Drouin, Cuenot, Olié, Dray-Spira, Weill, Zureik) ;

Université Paris-Saclay, Faculté de pharmacie, Orsay, France (Botton) ;

Université Paris-Saclay, UVSQ, Université Paris-Sud, Inserm, Unité/Équipe « Évasion des anti-infectieux et pharmacoépidémiologie », CESP, Montigny-le-Bretonneux, France (Zureik).

Contributions des auteurs : Mme Semenzato a eu un accès complet à toutes les données de l’étude et est responsable de l’intégrité des données et de l’exactitude de leur analyse.

Conception et réalisation : Semenzato, Le Vu, Botton, Jabagi, Dray-Spira, Weill, Zureik.
Acquisition, analyse ou interprétation de données : Semenzato, Le Vu, Botton, Bertrand, Drouin, Cuenot, Olié, Dray-
Spira,Weill, Zureik.
Rédaction du manuscrit : Semenzato, Le Vu, Jabagi, Drouin, Zureik.
Revue critique du manuscrit pour son contenu intellectuel important : Semenzato, Le Vu, Botton, Bertrand, Cuenot,
Olié, Dray-Spira, Weill, Zureik.
Analyses statistiques : Semenzato, Le Vu, Drouin, Zureik.
Support administratif, technique ou matériel : Cuenot,Weill.
Encadrement : Le Vu, Jabagi, Dray-Spira,Weill, Zureik.
Divulgations de conflits d’intérêts : aucune signalée.

 

 

Date de dernière mise à jour : 07/01/2026

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